Les Troubles du Comportement Alimentaire

TCA

Notre rapport à la nourriture et l’alimentation est le reflet de notre vécu. La façon de manger traduit souvent notre équilibre émotionnel ou, au contraire, nos difficultés psychoaffectives. Dans les moments de stress prolongés ou de déprime certains réagissent par une perte d’appétit alors que d’autres ressentent un besoin impérieux de nourriture. Ces troubles du comportement alimentaire sont une façon de gérer les tensions intérieures et généralement nous arrivons à les réguler plus ou moins rapidement.

Dans certaines situations, pourtant, ce dérèglement de notre rapport à la nourriture et au corps s’installe plus durablement.

Comment s’installent les troubles du comportement alimentaire ?

Tout peut commencer, face à une tension ponctuelle, par un grignotage occasionnel qui, certes, apporte une réponse immédiate au malaise mais entraîne un léger surpoids qui appelle un régime. Ce régime peut aboutir à un nouvel accès de suralimentation pour compenser la privation. Cependant il annonce parfois la survenue progressive de restrictions alimentaires quantitatives et qualitatives.

D’une réponse de type adaptatif à une situation de débordement émotionnel et d’impossibilité de gérer le stress on peut passer, plus ou moins rapidement, à l’organisation contraignante des comportements alimentaires. Ils peuvent devenir dangereux pour la santé somatique et psychique.  En effet, leur conséquences sur la vie affective, sociale et professionnelle sont parfois dramatiques.

La pérennisation de ces troubles alimentaires les transforme en une véritable maladie chronique dont l’évolution peut s’avérer sévère voire mortelle pour certains anorexiques.

Principaux troubles du comportement alimentaires

Les troubles du comportement alimentaire peuvent être classés sur un continuum allant des formes restrictives aux formes boulimiques.

Les formes les plus graves sont : l’anorexie mentale (AM) et la boulimie nerveuse (BN).

Hyperphagie boulimique ou binge eating desorder (BED) est également invalident.

Parmi les formes plus fréquentes et moins sévères se trouve le trouble d’alimentation non spécifié EDNOS. Ce Eating Desorders Not Otherwhise Specified se caractérise par les même symptômes que l’anorexie ou la boulimie. Toutefois la fréquence de crises est moins élevée et l’aménorrhée est absente.

Le night eating syndrome consiste en une anorexie diurne et une hyperphagie nocturne avec insomnie. Il est souvent provoqué par un événement de vie tel que le deuil ou la rupture amoureuse.

D’autres troubles du comportement sont fréquemment associés : l’hyperactivité physique, les pratiques sportives excessives, la potomanie, le mérycisme…

Comportement alimentaire et l’image du corps

Dans notre culture une préoccupation toute particulière par l’apparence physique sculptée favorise les perturbations de l’image corporelle. Elle engage un grand nombre de personnes – surtout plus fragiles – à pousser à l’extrême la maîtrise de leur corps. Un hyper-contrôle des performances du corps aboutit à l’installation des troubles du comportement alimentaires (TCA).

Traitement des troubles du comportement alimentaires

homme représentation troubles du comportement alimentaire, jaune

La psychothérapie des troubles des conduites alimentaires c’est le travail sur le poids. Le poids du corps, ses altérations, ses contraintes et ses conséquences… mais aussi sur le poids de la souffrance sous-jacente.

La psychothérapie cherche à donner une réponse au poids de l’actuel, à permettre des changements au niveau alimentaire et pondéral. Elle vise à trouver la motivation pour changer les schémas cognitifs, émotionnels et comportementaux dévastateurs.

La psychothérapie des TCA c’est aussi le travail sur le poids du passé, le poids de l’histoire individuelle, le poids des relations familiales, bref, le poids qui pèse sur l’image de soi. Le psychothérapeute accompagne vers l’établissement des relations interpersonnelles satisfaisantes et libres de l’emprise.

Aussi bien la perte d’appétit en réaction à l’angoisse et la restriction drastique et volontaire chez l’anorexique, que les compulsions alimentaires de la boulimie, sont une tentative de réponse à une souffrance. L’ascèse et la négation du corps de l’anorexique en est l’exemple extrême. Ces différentes figures de l’expression de fragilité psychoaffective exigent des objectifs de soin et des moyens thérapeutiques variés.

Le choix du traitement le plus approprié des troubles du comportement alimentaire nécessite une évaluation précise de chaque situation : les symptômes, l’histoire propre du sujet, les facteurs familiaux, des traumatismes éventuels et des événements de vie.

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