La dépression masquée

Quand la dépression avance masquée

La dépression masquée semble avoir peu d’une dépression. Alors qu’une dépression se manifeste surtout par l’humeur dépressive, douloureuse, par les sentiments de tristesse et de désespoir, par le manque d’intérêt pour le monde extérieur, ces signes majeurs sont absents dans le cas d’une dépression masquée. Quoique en souffrance, la personne ne sent pas de souffrance morale. Elle continue à investir ces activités et à se battre. Elle résiste… En surface, elle souffre essentiellement des symptômes d’aspect essentiellement physique.

Dépression masquée

Homme triste se cachant derriere un masque de joie represente la dépression masquée, beige

Dans la dépression masquée, les symptômes de la dépression sont cachés par des manifestations psychosomatiques.

Voici les symptômes physiques (somatiques) par lesquels la dépression se manifeste fréquemment :

  • Tout d’abord, le sentiment de fatigue, et notamment la fatigue matinale, provoquée par les insomnies. S’y ajoutent les troubles du sommeil avec les difficultés d’endormissement et les réveils précoces. La fatigue peut être permanente ou se manifester par les accès d’épuisement soudains.
  • Il y a ensuite des douleurs musculaires sans cause organique: lombaires, rhumatologiques, faciales, crampes musculaires, douleurs thoraciques, paresthésies des mains et des pieds.
  • Puis des céphalées chroniques ou migraines.
  • Un grand nombre de troubles digestifs  et douleurs gastriques cache une dépression. Parmi les plus fréquents, les colites, les constipations, les diarrhées et le syndrome du colon irritable.

Nous nous poserons la question de la dépression sous-jacente face aux :

  • Bouffées de chaleur.
  • Vertiges.
  • Malaises physiques intenses.
  • Difficultés respiratoires sans substrat organique.
  • Dysfonctionnement de l’appareil cardio-vasculaire sans substrat organique.
  • Troubles des conduites alimentaires : manque d’appétit, anorexie, crises de boulimie ou d’hyperphagie.
  • Perturbation du sommeil : hypersomnie ou insomnie, avec le réveil précoce – vers deux ou trois heures du matin avec des difficultés à se rendormir. Nuits agitées, parsemées de cauchemars et marquées par la perturbation du rythme du sommeil.
  • La dépression masquée peut se manifester également au niveau dermatologique : manifestations cutanées telles que prurit, poussées d’herpès, eczéma, urticaire, psoriasis, irritations du cuir chevelu…
« Je ne suis pas dépressif, je suis énervé »

Parfois la personne dépressive manifeste une certaine irritabilité ou impatience. Ainsi un déprimé qui s’ignore peut se montrer sensible ou agressif. En conséquence, ses relations avec l’entourage deviennent tendues et compliquées. Parce qu’il n’exprime pas de  tristesse, l’entourage n’y voit pas le signe de souffrance mais plutôt d’un « mauvais » caractère.

Cela arrive en cas du déni de la dépression. En quelque sorte, la personne ignore sa dépression.

D’autres masques psychopathologiques 

Parfois des symptômes caractéristiques d’affections psychiques telles que l’anxiété chronique ou les crises de panique peuvent cacher une dépression. Il en est de même pour  les phobies, en particulier l’agoraphobie, les obsessions ou encore l’anorexie.

En effet, accepter l’idée que l’on traverse un épisode dépressif n’est pas toujours facile. Plus ou moins inconsciemment le sujet se défend contre cette réalité. La souffrance intérieure prendra alors la forme de fatigue, d’insomnie, de douleurs ou s’exprimera par des décharges au niveau de l’appareil digestif ou cardio-vasculaire.

Ne pas passer à côté d’une maladie somatique

Toutefois, les symptômes somatiques ne cachent pas nécessairement une dépression. Le corps peut aussi exprimer d’autres émotions et notamment la colère ou l’anxiété. La réaction au stress chronique peut prendre les mêmes voies d’expression somatique. Aussi, il est important de vérifier auprès d’un professionnel s’il s’agit d’une dépression masquée chronique, d’un épisode dépressif atypique ou encore de manifestations d’anxiété généralisée et d’appliquer le traitement adapté à la situation.

Afin de ne pas passer à côté d’une maladie somatique, vous devez effectuer tout d’abord un bilan somatique adapté. Il peut comporter une prise de sang, une imagerie cérébrale, un scanner… Avant de déclarer que les symptômes proviennent uniquement de l’état psychique, il s’agit d’exclure toute affection organique.

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter Maria Hejnar – Psychologue Paris 7

Mise à jour le 7 juin 2020

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