Le déni – à quoi sert-il 

Le déni désigne un refus de reconnaître la réalité d’une perception traumatisante. C’est un mécanisme de défense totalement inconscient. Il constitue une protection nécessaire devant la réalité si angoissante qu’elle peut provoquer un effondrement psychique. Il permet de préserver le sentiment de sécurité et protège de l’angoisse. Il agit comme le couvercle de la boîte de Pandore.

C’est en effet une stratégie inconsciente de gestion émotionnelle, une mesure de protection face au choc émotionnel. Nous l’utilisons par exemple face à l’annonce de maladie grave ou face au deuil. Tel un mur invisible construit afin de se protéger du danger, le déni permet alors d’amortir le choc. Dans ces cas, il représente une étape nécessaire permettant de supporter la douleur psychique. Il offre un temps nécessaire pour se préparer à y faire face.

Un peu d’histoire

Freud a décrit ce mécanisme de défense sous le nom de Verleugnung en soulignant sa différence avec le refoulement.  Il a proposé comme prototype du déni de réalité le refus, par le petit garçon, de prendre en compte sa perception de l’absence de pénis chez la fille.

Le déni – du normal au pathologique

Nous utilisons tous de ce mécanisme. Présent en petites quantités ce désaveu de la réalité  participe à une stratégie inconsciente de gestion émotionnelle. Mais lorsqu’il est massif, le déni sous-tend différents symptômes psychiques tels le délire ou le fétichisme. Ce mécanisme se retrouve aussi dans les perversions ou encore dans l’alcoolisme.  Se protéger de la perception de la réalité permet ainsi à l’alcoolique de conserver une bonne image de soi.

Qu’est-ce qui peut être frappé de déni ?

Tout d’abord, nous pouvons dénier, refuser une part pulsionnelle de notre propre fonctionnement (déni du désir ou de la dépression). Démentir ainsi l’un des éléments du  conflit intrapsychique permet à atténuer l’angoisse.

Ensuite, il peut servir à rejeter la réalité ou la qualité de l’autre. Le refus inconscient concernera notamment la différence, celle de sexes ou de générations.

Enfin, il peut s’agir du déni d’éléments déplaisants du monde extérieur. Par exemple, les adultes qui ont manqué d’amour et de soins dans leur enfance ou étaient molestés, s’imaginent malgré tout avoir eu une bonne vie. Le  déni leur permet de se défendre contre la perte d’imagination d’avoir eu une famille bienveillante.  Ils peuvent continuer à croire qu’ils ont étés entourées d’amour. Cela ne protège pas pour autant de l’anxiété qui est ressentie mais souvent attribuée à des évènements actuels.

Le déni en héritage

le déniLe fonctionnement basé sur le déni est souvent l’héritage familial. Il se communique dès les premières relations avec les parents. Ainsi, dans les familles touchées par la maladie alcoolique ou par la violence, tous les membres fonctionnent dans une  forme de communauté de déni. Ça se passe comme si la famille imposait une préfiguration (grille de lecture) de la réalité. Ce type de communication ferme, par une injonction plus ou moins tacite, l’accession à des nouvelles perceptions.

Mise à jour le 14 mai 2020

Call Now Button