Les étapes du deuil qui suit la perte d’un être cher

Quelles sont les étapes du deuil ?

Le mot deuil désigne le douloureux état psychique qui suit la perte d’un être cher. Cette douleur implique plusieurs mouvements intérieurs correspondant aux étapes du processus que Freud a appelé le travail de deuil. Ils vont permettre l’élaboration de cette pénible expérience associée à la perte de la personne aimée.

Le déni

Dans un premier temps, c’est le déni de la mort qui apparaît naturellement afin de protéger du choc de l’annonce. Le déni s’estompe ensuite pour laisser voir la réalité de la perte.

L’étape suivante survient lorsque l’endeuillé prend conscience de la réalité de la perte. La prise de conscience provoque une grande souffrance intérieure. Elle a des répercussions sur la vie de tous les jours et frappe l’endeuillé aussi bien dans sa dimension psychique que somatique.

Les manifestations psychiques

En réaction à la perte de l’être cher, l’endeuillé éprouve une profonde tristesse et la douleur morale allant parfois jusqu’à la torpeur. Sentiments de désespoir, confusion, difficultés de concentration, perte de motivation, ralentissement et repli sur soi sont au cœur de l’expérience douloureuse de la perte. La souffrance est intense et durable.

La douleur liée à la perte d’un être cher peut sembler si énorme que l’endeuillé peut avoir l’impression de ne jamais pouvoir s’en remettre. La vie semble avoir perdu son sens.

Le poème de Lamartine L’isolement témoigne de cette impression de ne jamais pouvoir s’en remettre et du désir d’accompagner l’être aimé dans la mort.

«Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève

D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;

En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,

Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,

Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :

Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ;

Je ne demande rien à l’immense univers.

[…] Nulle part le bonheur ne m’attend.»

Gustav Klimt, La Vie et la Mort

Gustav Klimt, La Vie et la Mort, Leopold Museum, Vienne

L’intense douleur liée à la perte de la personne aimée comprend des regrets par rapport au fait que la relation et les projets communs soient interrompus. L’endeuillé peut ressentir une appréhension de poursuivre la vie seul.

Il arrive que l’endeuillé ressent un fort sentiment d’abandon qui réactive le sentiment d’abandon de la part d’un parent antérieurement perdu. La perte d’un être aimé ravive tous les processus de deuil éprouvés antérieurement après.

Des fausses reconnaissances, des illusions, voire des hallucinations de présence de la personne disparue peuvent apparaître mais elles s’estompent avec le temps. Elles témoignent avant tout de la difficulté à tolérer la pénible absence du disparu. Les illusions de présence de la personne disparue sont progressivement remplacées par des souvenirs douloureux.

Des manifestations psychosomatiques peuvent également se produire: les douleurs physiques, l’altération du sommeil et de l’appétit, une grande fatigue.

 

L’identification et l’intériorisation

Le processus de deuil est complété par une identification à la personne décédée dont la représentation est intériorisée. Il arrive que l’endeuillé adopte des attitudes de la personne disparue. Les traits admirés et regrettés de l’être disparu sont choisis et deviennent une source de force qui aide à surmonter le deuil. L’identification au défunt et l’intériorisation de la relation avec lui adoucie la peine.

Au fur que les traits du disparu sont intériorisés, son absence devient moins pénible, remplacée par la présence intrapsychique de l’image de la personne perdue. La nature des souvenirs change, ils deviennent moins pénibles. L’intériorisation soutient le dialogue interne avec le disparu. Les pensées tristes deviennent moins intenses et moins fréquentes. L’endeuillé retrouve progressivement l’intérêt pour la vie, l’énergie et la motivation. Cependant, atteindre cette étape peut prendre un temps considérable et le processus n’est pas linéaire. Il peut être facilement réactivé. En avançant dans ce long processus, l’endeuillé finit par accepter la réalité. Il s’intéresse à nouveau au monde et s’autorise à retrouver du plaisir.

Réactivation

La douleur liée au deuil décroît progressivement mais peut être facilement réactivée,  par un nouveau deuil ou un autre événement qui rappelle vivement la perte.

Certaines occasions peuvent réactiver les sentiments douloureux. Le mariage d’un enfant, la remise de diplôme d’un petit enfant et d’autres expériences personnelles émotionnellement intenses dont on sait que l’être aimé perdu les aurait appréciées peuvent provoquer un sentiment de profonde tristesse. La peine ressentie après la perte resurgit à l’idée que la personne disparue ait raté ces moments qu’elle aurait tant appréciés, qu’elle ne puisse plus profiter de ces temps forts et importants.

 

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter Maria Hejnar – Psychologue Paris 7

Mise à jour le 28 avril 2020

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