La théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement explique la manière dont se constituent de liens relationnels et leur place dans la constitution des schémas du fonctionnement psychique. Elle démontre que les premières relations satisfaisantes permettent à l’enfant de devenir un adulte autonome, confiant en soi et en l’autre.

Qu’est-ce que l’attachement ?

 

Deux personnages attachés illustrent La théorie de l’attachement, noir et blanc

Maurits Cornelis Escher, Bond of Union

Sommes-nous déterminés par la façon dont nous nous attachons à nos parents (tuteurs) dans la petite enfance?

La manière dont l’enfant a été traité par les parents ou les personnes qui lui procurent les premiers soins influence la création de liens émotionnels intimes qui sont fondamentaux pour le développement de l’individu. C’est au cours des interactions répétées avec ses figures d’attachement, le plus souvent le parent qui lui prodigue les soins, l’enfant développe de représentations de soi et des autres. Les schémas d’attachement qui se forment à ce moment-là, accompagnent les individus tout au long de leur vie. Ils sont particulièrement actifs dans les relations d’amour, dans des
situations anxiogènes, de stress, de maladie. Quand les réponses des parents aux besoins d’enfant étaient majoritairement suffisamment rapides et adéquates, l’enfant vivra les expériences relationnelles positives. Ces dernières sont favorables au développement d’un jugement favorable de soi. L’enfant se sentira digne de recevoir de l’aide et du réconfort de ses figures d’attachement. Cela lui permettra d’avoir une base de confiance en soi dans toutes les relations. Sa confiance va se généraliser et il se sentira méritant de recevoir l’amour des autres. Il n’éprouvera pas d’anxiété face à la possibilité de ne pas être aimé et par conséquent il ne développera pas de dépendance émotionnelle. Ça constitue la base d’un attachement secure qui permet une flexibilité du fonctionnement psychique. Lorsque les premières expériences relationnelles de l’enfant sont favorables il aura confiance dans la disponibilité des autres pour subvenir à ses besoins.

En revanche, lorsque les attentes et les besoins de l’enfant ont été déçus (les réponses inadéquates, ou pas assez rapides à ses besoins), il aura tendance à éviter les situations de proximité avec sa figure d’attachement et de réprimer ses besoins. La séparation d’enfant de ceux qui l’élèvent entraîne chez lui une détresse.

Les schémas émotionnels internes de la relation, appelés schémas d’attachement, développés dans l’enfance persistent au cours de la vie et déterminent les attentes, les perceptions et les comportements des individus dans leurs relations, et notamment relations intimes. Ils sont la base de relations confiantes et harmonieuses ou d’évitement des rapports intimes lié à l’angoisse d’abandon.

Comment se développent nos schémas d’attachement ?

Selon la théorie de l’attachement la relation que l’enfant développe avec les personnes qui lui procurent des soins constitue la base de son sentiment de sécurité. Lorsque l’enfant se sent en sécurité avec l’adulte qui lui procure le soin, il pourra développer la curiosité et le désir d’explorer le monde. L’enfant ressent le besoin psychique de se sentir proche de la mère. Les soins procurent à l’enfant la sécurité matérielle (nourriture, chaleur, propreté) et émotionnelle. Lorsqu’il se sent en danger, l’enfant vient se rassurer auprès de ses proches, une fois le danger passé, il peut répartir à nouveau explorer le monde.

La capacité de la personne qui s’occupe de l’enfant ( le parent, le plus souvent il s’agit de la mère, Bowlby parle de « caregiver ») à répondre aux états émotionnels de l’enfant devient la base de son identité.  Le type de lien avec la mère définit ses futurs attentes quant à la manière dont les autres doivent le traiter. Bowlby appelle « schémas » ces relations intériorisées par l’enfant.  Une bonne atmosphère, des soins attentifs et adaptés aux besoins de l’enfant favorisent la constitution d’une base secure. Un enfant secure a confiance en soi et s’attend à ce que les autres le traitent bien. Un enfant insecure va craindre le mauvais traitement et par conséquent, fuir les relations ou se soumettre pour ne pas perdre l’amour.  Lorsque le sentiment de danger augmente, apparaît l’appréhension et la tension augmente le besoin de sécurité augmente. Dans une situation où la personne qui s’occupe de l’enfant (caregiver) représente une menace, il fait preuve de négligence ou d’agressivité, l’enfant en déficit de sécurité intensifie la recherche de proximité ou les comportements de soumission ou devient insensible pour se protéger de la détresse.

L’illustration en est la période qui commence à 6 mois, où la peur de l’étrangers coïncide avec la capacité de se déplacer. L’enfant traite sa figure d’attachement comme une base sûre, il peut s’éloigner d’elle pour explorer le monde en se sentant en sécurité, et revenir vers elle ou l’appeler au moment où il sent le danger. La cohérence dans le comportement de la mère est à l’origine d’un sentiment de continuité. La fiabilité d’un parent qui réagit de manière responsable permet à l’enfant de développer une combinaison de compétences. Des parents trop anxieux peuvent bloquer le désir exploratoire de leur enfant, le rendant ainsi soumis et inhibé. En, revanche les parents insouciants ou instables, ne constituent pas une base sûre pour l’enfant, ce qui entraîne chez lui une anxiété et un sentiment d’abandon, et un besoin de maîtrise exacerbé visant à se protéger mais in fine invalidant.

Le concept d’attachement

Le concept d’attachement s’est développé à partir de conceptions psychanalytiques telles que la théorie de la relation avec l’objet, issue des travaux de Mélanie Klein et de membres de l’école britannique tels que Fairbairn, Winnicott et Balint. Il a ensuite influencé plusieurs approches de psychothérapie et les concepts d’attachement ont été intégrés aux psychothérapies psychanalytique, systémique et cognitivo-comportemental. La théorie de l’attachement a trouvé des implications pratiques surtout dans le travail psychothérapeutique avec des patients limites et les personnes présentant des affections psychosomatiques ainsi qu’en thérapie de couple et en thérapie de jeunes enfants.

Les travaux de nombreux psychanalystes sur le développement des très jeunes enfants de Anna Freud, Wilfred  Bion, René  Spitz, ont démontré l’importance de la continuité relationnelle dans le développement harmonieux de l’enfant.

Mise à jour le 7 juin 2020

 

Psychologue Paris

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