Ces femmes qui boivent trop

Femmes et alcool

Camille est une de ces femmes qui boivent trop d’alcool. Au cours de sa psychothérapie, nous avons essayé de comprendre ensemble pourquoi elle a choisi l’alcool pour soulager sa souffrance. Soulager seulement en apparence, car cette habitude s’est transformé en dépendance et l’a invalidé sur plusieurs points. Nous avons soutenu Camille dans ses tentatives de se soigner de son addiction.

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Comprendre pourquoi ces femmes boivent trop

Elle a commencé à boire tardivement, vers l’âge de 40 ans, après s’être effondré suite au suicide de son frère.

Elle se sentait coupable du suicide du frère : « je n’ai pas été là ». Elle ne pouvait pas le dire, elle était restée sans voix pendant cette période là, mais nous avons appris par les comptes rendus médicaux que c’était à ce moment-là qu’elle a commencé à boire. Puis elle a perdu son travail, a quitté son compagnon et s’est vue obligée de retourner vivre avec ses parents, où vivaient déjà deux autres de ses frères, qui étaient eux aussi sans emploi et alcooliques. Est alors intervenu le décès du père, décès qu’elle n’a jamais accepté.  « On ne peut pas vivre après ça ». S’en était suivi une idéalisation outrancière du père et le désir de mourir pour le rejoindre. Il lui arrivait de sentir la présence du père en entretien.

Les femmes qui boivent n’aiment pas parler d’alcool

Dans le discours de Camille, lorsqu’elle a enfin retrouvé sa voix, les expériences douloureuses passées ont longtemps été couvertes par l’actuel, par les plaintes somatiques et le récit factuel du conflit familial qui a éclaté après la disparition du père. De ce père idéalisé, nous avons appris que toute sa famille du côté paternel était morte pendant la guerre. Ça n’a été qu’au bout de deux ans de suivi qu’elle a pu évoquer que le père tant adulé lui avait interdit d’épouser l’homme qu’elle aimait et avec lequel elle avait vécu pendant 12 ans. Elle nous disait que son compagnon avait demandé sa main et « le père ne répondait pas, c’est un affront ». Mais elle ne ressentait aucune colère. Elle refusait notre suggestion qu’il était légitime de ressentir de la colère pour un père qui s’opposait au bonheur de son enfant, en ajoutant «ce qui est familial est important». Plusieurs mois plus tard elle a fait un lien entre cette interdiction et les 2 IVG qu’elle avait subis. «Je ne voulais pas faire cette interruption de grossesse. Je me suis sacrifiée. Je ne voulais pas que mon papa soit honteux ». A d’autres moments, elle exprimait la culpabilité liée à ces actes et soulignait leur caractère transgressif par rapport à la religion. La famille n’était pas au courant.

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Psychologue Paris, mise à jour le 25 avril 2020

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