Psychothérapie pour des femmes qui présentent une difficulté avec l’alcool

Femmes et alcool – portrait psychologique

une femme alcoolisee illustre femmes et alcool, noir et blanc

Femmes et alcool – les psychothérapies sont indispensables pour permettre aux femmes addictées de retrouver leur autonomie

La perte d’autonomie, du travail, la rupture relationnelle, le retour contraint au domicile familial constituaient une blessure narcissique insurmontable et entraînaient un vécu dépressif important. La conduite alcoolique de Camille renforce cette fragilité dépressive et provoque une honte narcissique. Le vécu de honte narcissique rend souvent de nombreuses problématiques considérées par la patiente comme honteuses inabordables en entretien. La patiente minore alors ses consommations et plus généralement le vécu négatif : « circulez, il n’y a rien à voir. » Elle élude les évocations qui la renvoie à une difficulté. Le déni profond et radical la protège alors de la honte narcissique et du conflit d’ambivalence. La résolution du conflit d’ambivalence avec l’objet s’avère impossible pour la patiente. L’agressivité potentiellement destructrice s’était retournée contre elle à défaut d’avoir pu être liée et contenue. Elle l’a poussé dans des conduites sacrificielles, une tentative de suicide et l’a conduite à rejeter l’aide proposée par certains proches ainsi qu’à rejeter les soins.

Perspectives psychodynamiques

L’ébauche de différenciation, de séparation-individualisation a été possible et assurée pendant une période où Camille vivait en couple et travaillait, loin du domicile familial. Ses bases étant trop fragiles (mère dépressive) elle n’a pas pu se poursuivre puis fut interdite par le père (refus de mariage à cause de différences religieuses). Cela a eu pour conséquence une désorganisation sur le mode dépressif intervenue suite au suicide du frère. Le décès du frère a activé la problématique de perte inscrite dans les carences précoces liées à la dépression maternelle. L’addiction était venue lutter contre les angoisses de perte et de séparation particulièrement désorganisatrices pour elle. Cette défense s’avère inefficace et mène à l’autorenforcement des conduites addictives, ce qui déstabilise davantage son organisation psychique. Le sujet addicté se trouve enfermé dans un cercle vicieux de répétition compulsive et stérile qui aboutit à l’appauvrissement de l’économie psychique. Les conduites addictives ne soulagent les angoisses et dépressions primaires que de manière illusoire et leur chronicisation aggrave aussi bien l’anxiété que la dépression.

Femmes et alcool – le rôle de la psychothérapie

Le psychologue peut avoir un rôle de soutient face aux difficultés du patient alcoolique. Comme toutes les psychothérapie, celle des patients alcoolo-dépendants est basée sur une écoute empathique Le travail du psychologue en psychothérapie avec une patiente dépendante s’attache à ce qui est sous-jacent à l’addiction à l’alcool.

Chez les femmes aux prises avec l’addiction à l’alcool, les plaisirs et désirs sont interdits et prendre soin de soi reste impossible. L’écoute, l’intérêt que leur apporte le psychothérapeute ont fonction du soutien du moi. Plus tard la psychothérapie pourra tenter d’élaborer le conflits psychiques de la patiente alcoolo dépendante. En effet, la dépendance à l’alcool s’enracine fréquemment dans la dépendance à l’objet d’amour. Dans ce contexte, le soin apporté par la psychothérapie renforce le narcissisme de la patiente pour la rendre plus indépendante par rapport à l’objet.

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Mise à jour le 25 avril 2020

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