Approche psychanalytique de l’angoisse

L’angoisse est l’épicentre des phénomènes psychopathologiques. L’évitement ou l’apaisement de l’angoisse constitue le but ultime de toutes nos opérations défensives, conscientes et inconscientes.

Tous les symptômes sont des formations  psychiques dont le but est de lier l’énergie psychique sans quoi elle deviendrait  l’angoisse à l’état pure.

L’angoisse naît de la libido

Freud a développé une première théorie de l’angoisse  dans laquelle la sexualité avait une grande importance. Selon lui, l’angoisse serait la conséquence  d’une accumulation de tension sexuelle dont la décharge aurait été entravée. Ainsi expliquée, l’angoisse est à l’origine aussi bien de la névrose d’angoisse, que de la neurasthénie. Cette première théorie, basée sur un modèle biologique, reste purement économique. Aussi, pour l’illustrer, Freud utilise une métaphore : « l’angoisse est donc la monnaie qui a universellement cours, contre laquelle sont ou peuvent être échangés toutes les motions d’affects, si le contenu de représentation  s’y rapportant est soumis au refoulement. »

Angoisse et conflit intérieur

Plus tard, Freud complète sa théorie de l’angoisse par un aspect dynamique en expliquant l’origine de l’angoisse  par le refoulement d’un des éléments du conflit intérieur. Ce conflit entre différents mouvements pulsionnels mène à la suppression (refoulement) de la représentation (pensé, image) liée à l’un des deux éléments pulsionnels restant en conflit et ceci afin de protéger l’autre élément. L’énergie psychique liée à la représentation refoulée peut se trouver également réprimée, ce qui conduit à la formation de plusieurs symptômes somatiques ou se transformer en anxiété.

L'homme apeuré noir-blanc Angoisse Jose Bedia Sol Negro Jose Bedia - Sol Negro, Musée national des Beaux-Arts de La Havane

Jose Bedia – Sol Negro, Musée national des Beaux-Arts de La Havane
Approche psychanalytique de l’angoisse

L’angoisse come signal ou la seconde théorie de l’angoisse

L’angoisse issue du conflit entre les exigences du ça et celles du surmoi devient un signal. Ce signal avertit le moi d’un danger provenant du ça ou du surmoi engagés dans le conflit intrapsychique. Le rôle du moi consiste à réduire l’angoisse, tout en tenant compte de la réalité. A cette fin le moi utilise divers mécanisme de défense qui contribuent à assurer la fonction d’arbitrage du moi. En effet le moi  tente d’assurer un équilibre entre les exigences pulsionnelles du ça et les interdits du surmoi, tout en tenant compte des limitations de la réalité.

Développements post freudiens de la conception de l’angoisse

Les followers (disciples) de Freud ont plus tard souligné l’apport de l’environnement dans la formation de l’angoisse chez le petit de l’homme. Les premiers temps de la structuration de la psyché sont de l’importance fondamentale pour assurer le sentiment de sécurité intérieure chez l’enfant.

Le manque d’ajustement aux besoins biologiques et psychiques du nourrisson provoque chez l’enfant la détresse qui induit le développement du « défaut fondamental » (Balint), de « la crainte de l’effondrement » (Winnicott), ou encore du « sentiment d’insécurité affective » (Bowlby).

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